15 12 2009

painajaismainen

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juin 2008

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décembre 2009

Massacre à la tronçonneuse à l’entrée du village.
Le refuge ombragé des jeunes pendant l’été ne sera plus,
les pauses autour de la fontaine rafraîchissante sont priées de circuler,
les pommiers et les saules ne pleureront plus le long du ruisseau.

Qu’on ne vienne pas me parler d’opération cœur de village, de patrimoine ou de fleurissement, j’appelle cela de la délinquance.

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« Quand on se souvenait que tout était sorti des mains et de l’âme de cet homme – sans moyens techniques – on comprenait que les hommes pourraient être aussi efficaces que Dieu dans d’autres domaines que la destruction. »
Jean Giono – L’Homme qui plantait des arbres

EDIT 19 XII : les grands arbres étaient pourris à l’intérieur et menaçaient de tomber… (les souches racontent pourtant une bonne santé), il est prévu d’en replanter. Quant aux pommiers et saules le long du ruisseau… ils repousseront. (mouais).

Et j’oubliais : le billet de Mathieu d’avant-hier
(qui en dit également long sur l’ambiance actuelle!)

photos juin 2008 © M.P.
>>

20 Responses to “painajaismainen”

  1. Caterine dit :

    délinquance voilà le mot! oh comme je te comprends anaïs

  2. mo" dit :

    c’est terrible,
    comme l’autre histoire là.
    mais quelle est la raison invoquée au sujet des arbres ?
    courage courage…

    >> pour la mare, on l’a su deux jours avant et on a pu éviter le carnage.
    Je n’étais pas passée par cette route depuis mercredi (ou alors la nuit), j’ai découvert ça ce matin ; je n’ai pour le moment aucune explication. J’imagine un projet commandité à un « paysagiste » pour revoir l’entrée du village… avec au mieux, replantage d’arbustes qui mettront au moins 20 ans à refaire un peu d’ombre.
    Anaïs

  3. ztods dit :

    C’est drôle, une copine m’a confié ce livre de Giono il n’y a pas longtemps. Un magnifique texte vraiment, une sorte de conte, de poème. Magnifique.
    Par contre je comptrends ton coup de gueule concernant l’entrée du village… et quels sont les projets à part « tout foutre en l’air » ?

    >> C’est un de mes premiers livres préférés, il m’a beaucoup marqué lorsque je l’ai découvert vers 10 ans, et il me boulverse encore à chaque lecture.
    Les projets du village semblent assez secrets sur la forme même si les annonces sont de bonne foi. Derrière des opérations de rénovation, restauration du patrimoine, il y a une tendance à vouloir faire « propre », mettre du mobilier urbain de style classique, gagner le concours du village fleuri, et autres poudres aux yeux pour faire oublier la disparition des murets dans les champs, les fermetures des chemins, les décharges sauvages (pratiquées par certains conseillers municipaux ou leurs familles), etc etc. En attendant les voitures continuent de passer devant l’école à 80km/h, peut-être que le jour où un gamin se fera faucher, on gagnera le concours village fleuri grâce aux couronnes déposées à cet endroit?
    Anaïs

  4. silo dit :

    hallucinant!!!
    et le pourquoi??? à part la connerie, c’est quoi?

  5. Murielle dit :

    J’avais des voisins avant dans le village que j’ai quitté sans regret, le village fleuri où
    tout le monde vit derrière ses hauts murs
    Des voisins qui ont détruits tout un verger à coup de tronçonneuse pour construire un pavillon aussi laid que possible
    Il a fini à la mairie
    On a déménagé et planter des arbres autour de notre maison en bois

    Ce livre de Giono est un de mes livres préférés…

  6. evelyne dit :

    Mais depuis toujours c’est comme ça…le bien-être de certains privilégiés avant les autres.L’homme a de tout temps détruit pour reconstruire…cet été j’ai lu que dans les années 60 un homme voulait raser le quartier gothique de Perpignan.
    Cela me fait aussi penser « Au bel oranger ».

  7. Marie dit :

    « Tel fut mon sentiment l’autre matin ; j’avais été réveillé par les hurlements d’une scie mécanique à l’oeuvre dans le jardin de mon voisin, et, de ma fenêtre, je pus apercevoir ce dernier qui – apparemment sans avoir procédé à aucune cérémonie préalable – présidait à l’abattage d’un magnifique arbre qui ombrageait notre coin depuis un demi-siècle. Les grands oiseaux qui nichaient dans ses branches (…), épouvantés par la destruction de leur habitat, tournoyaient en vols frénétiques, lançant de déchirants cris d’alarme. (…) La beauté appelle la catastrophe aussi sûrement que les clochers attirent la foudre. » (Simon Leys, Le Bonheur des petits poissons. Lettres des Antipodes », Le Livre de Poche, Paris, 2009)

    Ceci dit, parfois, la nature « se retourne » contre les petits d’hommes que nous sommes. La voisine de mes parents (qui « déteste les arbres parce qu’il lui faut de lumière ») se souvient encore de cet arbre abattu par des gens sans expérience et qui s’est écroulé de tout son long sur son toit…

    >> merci Marie pour cette magnifique citation, j’ai aussi pensé aux oiseaux qui ont vu leur habitat disparaître dans ce moment de fortes gelées.
    (cf : la magnifique chanson de Dominique A.).
    Quant à la voisine… je suis effectivement très tentée par… « bien fait! »
    Anaïs

  8. sand dit :

    Les villages trop fleuris sont les pires. Le mien avait « 5 fleurs » sous son nom a l’entree. C’est sans dire ce que ces fleurs cachent.

  9. marion dit :

    dernière grande décision au Conseil municipal à laquelle je me suis opposée sans être entendue, couper tous les gros arbres qui bordent les routes. »ils nous emmerdent les chênes centenaires!! ». Je vais téléphoner à la Drire, je ne suis pas sûre qu’ils aient le droit….

  10. couac dit :

    oh la la… :-(

  11. Satsuki dit :

    C’est atterrant. Il s’est passé à peu près la même chose dans le village de ma grand-mère que la mairie voulait à toute force « aménager ». Comme si le fait d’installer des bancs publics dans des endroits saugrenus et des bacs à fleurs en béton faisait entrer l’endroit dans la modernité. Résultat : beaucoup de jolis coins qui ne demandaient rien à personne ont été salopés. Mais impossible d’en parler posément avec les gens du village. On sent bien qu’on n’est « pas d’ici ».

    (Je note Giono et Simon Leys, en tout cas.)

  12. arrosoir dit :

    j’aurai préféré qu’il n’y ai que les feuilles et les jeux dehors comme réponses au jeu des 7 erreurs…

  13. ludivine dit :

    Ah bah oui mais c’est tellement plus propre comme ça ! Avec un peu de chance ils vous mettront une « pampa » au printemps prochain (c’est la mode en Bretagne, tu verras, ça fait chialer tellement c’est beau…) ou bien, mieux encore, ils écriront « Bienvenue à Cruéjouls » en œillets d’Inde, ça c’est classe !
    Courage…

  14. Jean dit :

    Y a un vieux proverbe chinois qui dit : « Quand tu manges un fruit, souviens toi de celui qui a planté l’arbre ».
    Je crois que dans ton village, comme dans beaucoup d’autres (et le notre en fait malheureusement partie aussi), ils mangent pas beaucoup de fruits… :(

  15. lila rose dit :

    C´est consternant … de bêtises. Courage

  16. clemfraiche dit :

    argh! je m’en étrangle! et le vide immense que cela fait!

  17. Sonia dit :

    C’est maheureux, je ne comprends pas la logique des communes parfois (souvent)…

  18. christel dit :

    Oups ! C’est pas glop ! Et vous avez envie de rester là ? ou de vous tourner vers une ville plus grande et peut être plus impersonnelle mais plus tolérante ?

  19. elodie dit :

    Pour te donner un peu de baume au coeur tu devrais relire les tomes de « le retour à la terre » de Manu Larcenet ! [je viens d'aller lire le post de Mathieu ... courage, courage] des bises chaleureuses de SOUTIEN ***

  20. Valérie dit :

    Arrrrgh, je suis comme idéfix, je pleure dès qu’on coupe un arbre mais au delà de cette anecdote, tes photos me font l’effet de ces souvenirs d’enfance buccoliques massacrés des années après par les constructions et la destruction systèmatique de la nature, de la poèsie, de la naïveté, de l’enfance et je pleure aussi sur mes enfants qui grandissent en appartement sans connaître les joies des cabanes dans les arbres, des découvertes émerveilées de la vie (fleurs, fruits, limaces…)
    Je vois aussi qu’il n’est pas si simple de vivre au calme, c’est un beau et courageux projet de vie; longue vie à vous!

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