Comment une civilisation disparait-elle d’elle-même? Comment Angkor cité aussi vaste qu’ingénieuse a pu être oubliée durant des siècles, comment un lieu ruiné s’efface d’une succession de cartographies. Les réponses surgissent parfois au détour d’un chemin : l’habitude. Nos promenades dans les paysages investis cet été nous racontent une nature généreuse, une vallée luxuriante qui a toujours pourvu aux besoins de la capitale aveyronnaise : élevage, bûcheronnage, maraîchage… fruits en tous genre (figues, raisins, châtaignes, noix…). Le grenier aux merveilles est à présent décadent, les milliers de terrasses qui donnaient aux collines leurs airs de pyramides incas s’écroulent lentement sous la reconquête végétale, combien de rares variétés de pommiers ploient encore sous leurs fruits séchants et pourrissants, pas même glanés. Sans oublier ces traces d’un curieux maillage de voies ferrées (minières) qui reliait les villages alentours. L’exode rural est passé par là, et on trouve aujourd’hui sur le principal marché de cette région des pommes venues de Normandie, quand ce n’est pas d’une contrée plus lointaine.
Je ne m’y fais pas, sans doute une question d’habitude.
L’habitude est une disposition acquise, relativement permanente et stable,
qui devient une sorte de seconde nature.
(in Wikipédia, article court mais pertinent, cf Apprentissage)














