31 10 2010

homo habitus

31 X 2010

31 X 2010

Comment une civilisation disparait-elle d’elle-même? Comment Angkor cité aussi vaste qu’ingénieuse a pu être oubliée durant des siècles, comment un lieu ruiné s’efface d’une succession de cartographies. Les réponses surgissent parfois au détour d’un chemin : l’habitude. Nos promenades dans les paysages investis cet été nous racontent une nature généreuse, une vallée luxuriante qui a toujours pourvu aux besoins de la capitale aveyronnaise : élevage, bûcheronnage, maraîchage… fruits en tous genre (figues, raisins, châtaignes, noix…). Le grenier aux merveilles est à présent décadent, les milliers de terrasses qui donnaient aux collines leurs airs de pyramides incas s’écroulent lentement sous la reconquête végétale, combien de rares variétés de pommiers ploient encore sous leurs fruits séchants et pourrissants, pas même glanés. Sans oublier ces traces d’un curieux maillage de voies ferrées (minières) qui reliait les villages alentours. L’exode rural est passé par là, et on trouve aujourd’hui sur le principal marché de cette région des pommes venues de Normandie, quand ce n’est pas d’une contrée plus lointaine.
Je ne m’y fais pas, sans doute une question d’habitude.

L’habitude est une disposition acquise, relativement permanente et stable,
qui devient une sorte de seconde nature.

(in Wikipédia, article court mais pertinent, cf Apprentissage)

30 10 2010

fin octobre

29 X 2010

29 X 2010

Longtemps j’ai attendu cette expérience. La présence de nombreuses espèces de saule, ce nouvel environnement enfin, m’ont offert de concrétiser ce désir : planter, planter une haie vivante. Plus tard, É. a voulu jouer au pendu, son ami L. lisait La corde au cou (Lucky Luke). Étranges instants où ce qui est d’ordinaire amusant devient remuant. Bientôt la fête des morts.

29 10 2010

le parfum

28 X 2010

28 X 2010

28 X 2010
souvenirs de vacances

Et puis ce soir, ce grand garçon, invité par É. pour quelques jours, qui ne trouvait pas son sommeil. Qui me demanda un peu d’eau et qui le nez dans son verre fondit en sanglots. Je veux ma maman. Trop tard, trop loin, et ne pouvant lui offrir ni l’odeur consolante, ni la douceur des bras maternels, je l’invitais à partager l’infusion de verveine préparée par M.
Alors que je lui décrivais les-draps-lourds-et-gelés-du-grand-lit-bateau-dans-la-vaste-chambre-de-la-très-grande-vieille-maison-de-mes-amies-d’enfance et le-parfum-de-mon-oreiller-dans-lequel-je-m’évanouissais-de-soulagement-retrouvant-mon-lit ; à son tour l’enfant insomniaque me conta la maison de ses parents, sa chambre, les dimensions de son couchage, le moelleux du coussin, le serré des couvertures, le couloir de l’autre côté de la cloison, sa lumière ou son obscurité.
Ses yeux pétillaient en même temps que ses paupières s’alourdissaient, la jubilation suscitée par cette évocation venait de lui offrir le sommeil.
Les sens de l’enfance.
L’essence de l’enfance.

(pour Marie qui se reconnaîtra :
cette situation m’a beaucoup rappelé ton texte… tu avances?)

28 10 2010

navrant

27 X 2010

27 X 2010

27 X 2010

Les séances de cinéma ayant quasiment disparu de notre mode vie rural, les passages en ville sont parfois l’occasion de retrouver les salles obscures. Le programme devient alors une carte, où l’on aurait le choix entre gigot dominical, soupe épicée, menu gastronomique, bo bun, tortillas… ou autre world / fusion / food. Hier soir, nous nous sommes justement laissés tentés par le rôti franchouillard. Trop cuit, mal ficelé, une garniture d’haricots verts de boîte de conserve bon marché, mous et fileux. Peu au fait des critiques, ce que nous avions entendu ou lu de ce plat avait pourtant aiguisé notre curiosité. Et au final, une banale publicité de 2 h pour les SUV, une succession de clips où il faut deviner ce que les acteurs se disent, et des dialogues si creux. Quelques personnages accrochants, condiments bienvenus pour relever le plat. Les petits mouchoirs pourraient être la suite de LOL, avec des enfants devenus décorations, dans un univers complètement stérile de papier glacé, quelques blagues potaches pour amuser la galerie. Et un pathétique bouquet final. Est-il vraiment nécessaire de goûter à la médiocrité pour apprécier les bonnes choses? Mon assiette est restée pleine, j’avais encore faim en quittant mon fauteuil. Et pourtant j’aime les navets…

27 10 2010

coup de soleil

26 X 2010

26 X 2010

26 X 2010

Bien qu’arrivés dans la joyeuse maison d’A. je restais à l’ombre du nuage de mauvaise humeur fabriqué pendant le voyage. Contrariée par le malaise dans lequel me plonge la difficulté d’aimer, l’étrangeté d’aimer. Et cette culpabilité de me sentir obligée d’aimer. Agacement accru par le fait de ne pas assumer mon ressenti autrement qu’en manifestant mon aigreur. Alors que je me débattais avec mes démons, le fiel de mes pensées a sué, acide et écœurant. Sa voix m’irritait, ses rides m’effrayaient.
Je crois que cette quarantaine qui l’approche m’impressionne.
Le soleil m’avait fait si mal aux yeux ce matin.

26 X 2010