Je crois que seuls ceux qui connaissent ou ont connu la précarité savent vraiment.
Par exemple, 90 centimes la baguette quand on a 20 euros pour manger pendant une semaine, c’est comme si elle coûtait 9 euros pour un budget hebdo de 200 euros…
Quand on est fauché on n’emprunte pas d’argent,
on sait qu’on ne pourra pas rembourser.
(Si vous voulez vraiment aider quelqu’un, donnez lui votre aide, sans retour).
Quand on est fauché, on y pense en permanence, ça rend dingue.
Quand on est fauché, les hivers sont plus longs,
et on attend impatiemment le printemps…
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Edit dimanche 17 III :
merci pour vos petits mots ou témoignages, j’en suis touchée!
Je tiens toutefois à préciser que ce qui me fatigue ce sont les frais bancaires, les frais de retard de paiement, les lettres menaçantes… tout ce système organisé pour décourager, taxer, pousser toujours plus dans le fossé… ces frais qui s’invitent, s’incrustent, pèsent finalement lourd dans le budget alors qu’on a besoin de respirer. Nous exerçons tous deux des métiers sans garantie, sans salaire mensuel, sans indemnité de chômage. Les passages à vide nous coûtent donc très cher.
Et puis : j’ai aussi été étudiante avec des moments difficiles,
mais là, à cinq, c’est un tout autre défi!
Et enfin : pas de drame, nous mangeons à notre faim!
Nos enfants sont en excellente santé, heureux et épanouis!



Tes mots me parlent Anais. Parce quej´ai fait de grandes etudes et que finalement j’ai choisi de partir dans la voie inconfortable de la creation d’entreprise… Et que je savais qu’on passerait parfois de sales quarts d’heure. Et que c’est un sale quart d’heure… Heureusement la ou j’habite beaucoup comme nous ont choisi un mode de vie qui tend vers la decroissance. Et heureusement entre nous il y a beaucoup d’entraide, comme quand notre copain fermier nous amene un panier rempli d’oeufs de ses poules. Bisous.
J’ai encore le souvenir (très fort) des jours où, étudiante, j’attendais le versement de l’aide de la CAF en comptant les petites pièces jaunes (au temps des francs) pour voir si je pouvais m’acheter une baguette de pain ou pas… et bien souvent, il n’y en avait pas assez ! Il fallait attendre quelques jours sans rien n’acheter du tout.
Alors oui, si on a connu ça à un moment ou à un autre, on comprend…
Je connais ça aussi. J’ai fait attention à tout pendant très longtemps ! Du coup, quand ça va mieux, j’oscille entre la radinerie et la prodigalité ! Comme quoi ça laisse des traces, ces sales périodes… Courage !
Nouvelle-Zelande. Fierte. J’ai perdu 7 kilos car je ne mangeais pas a ma faim. Les seuls fruits et legumes que je voyais passer a table etaient pour ma fille en pleine diversification alimentaire… Je me souviens avoir festoye avec Pierre et un ami clochard, avec des epis de mais qui lui avaient ete donnes par le super marche du coin. Notre logeuse (une mini piece pour 3) nous a fait cadeau du loyer, Pierre l’aidait au jardin et a reparer/repeindre sa maison. Il a gagne quelques pieces en jouant de la gratte dans la rue. Mais je ne regrette rien. J’ai apris a me connaitre un peu plus… A poil devant un miroir on apprend a se connaitre.
Aujourd’hui, je donne tout le temps.
Je t’embrasse.
AH ça je suis en plein dedans! Mais je m’en sors, je fais une croix sur le poisson et la viande… Et puis quand je rentre chez mes parents (quand je peux me payer le billet de train!) j’en profite un maximum! C’est le lot de nombreux étudiants et ça forge, je prend ça comme un cadeau en vrai, savoir ce débrouiller par soi-même, on apprend à se connaître, on accumule les petits boulots et en fin de compte, les petites sorties entres ami(e)s ont des saveurs de Paradis! C’est dur mais Ô combien salvateur!
Bon après, chaque histoire est différente et certaine sont plus compliquée!
Parce qu’il y a peu de belles personnes nous ont donné sans attendre en retour, sans qu’on les sollicite, juste pour nous aider, nous soulager, je comprend ce que vous vivez. Nous n’avons jamais eu beaucoup et je crois que tout ceci nous a appris à savoir aider ceux qu’on aime mais aussi à savoir recevoir. Le printemps est bientôt là, oui. Je t’embrasse Anaïs.
Le peu de place qu il prend dans le sens de nos vies et la grande place qu il prend dans nos tetes quand on en manque … Pétard d argent … J espère que vous êtes entourés de voisins amis généreux et que le printemps et son renouveau va faire du bien au moral et au bas de laine <3
alalalaaa , ce qu’il y a de terrible quand on est fauché , finalement ce n’est pas la fauche en elle même car on s’habitue à tout et on fait preuve d’ingeniosité incroyable , c’est le gôut amer que ça laisse y compris des années apres …. tu as malgré tout une richesse incroyable, tes enfants ; ça fait peut etre culcul de dire cela mais aujourd’hui , dans un monde aussi égoïste, dur, c’est un reconfort , c’est pdt qq temps un oubli de l’extérieur.
Je trouve votre post très courageux et si juste pour évoquer ces moments que beaucoup connaissent. En effet, le système est épuisant, les bouffées d’air sont rarissimes et l’énergie des huissiers sans limite… Il faut tenir, c’est sûr, mais c’est si accablant par moment. Je vous souhaite une rapide accalmie, un beau contrat, plein de droits d’auteur!
mille pensées de soutien. L’argent ne rend pas heureux mais quand il manque il nous mine, c’est vicieux ! Bravo pour ce joli site et ce qu’il respire, bon courage et heureux printemps quoiqu’il en soit.
la vie est super chère…. mais la vie est précieuse…
il y a des choix de vie qui coutent plus cher que d’autres… mais qui offrent aussi peut être tellement plus ! et puis il y a des gens pleins au x as qui paient très cher l’argent qu’ils gagnent…
je crois en effet que ce qui mine le plus est sans doute la peur et les menaces…
et je pense à toi, à vous ;-)
L’autre jour, avec Guillaume (mon chéri) on avait une discussion sur le boss de Renault. Ce mec gagne 36 000 euros par jour ! (entendu sur Inter)
Plus je vieillis et plus je voudrais être un moineau dans ce monde d’humains qui fait gagner tout plein de fric à des types comme ça et fait crever la dalle aux artistes.
Je t’embrasse.
Arggh! je sais ce que c’est, 135 euros pour avoir dépassé l’autorisation de découvert le mois dernier. Punaise, 135 euros, ce n’était pourtant pas le moment. Ce qui me fait rager c’est de penser que les banques vivent quand même avec nos sous.
C’est le prix de la liberté de faire le métier qui vous plait, et c’est bien cher payé (trop!), ça je le sais… J’espère que vous êtes bien entourés, tout ça, pour passer ce moment difficile…
j’ai connu, je comprends, douce pensée…
je connais ça. Le lettres de la poste, les frais de dossiers qui s’entassent, le sentiment de culpabilité qui ne sert à rien, le travail fait mais pas encore payé, le prix d’un timbre à ce moment là, le ça rend dingue qui empêche de bien travailler… j’ai renoncé à ma liberté, retrouvé un travail salarié et pourtant le goût de la liberté, les désirs de création sont là tenaces. Il me faudra refaire le pas. Le printemps est là, tout près. (et moi je me suis offert un oiseau d’Anaïs alors c’est tous les jours, un peu, le printemps.)
Nous sommes des « Indépendantistes » ! Petites structures unipersonnelles, nous dérangeons le « système » parce que nous sommes des électrons libres. Nous ne devons rien à personne et ne comptons que sur nous même pour faire bouillir la marmite. Quelle autre emprise peuvent avoir les petits chefs -responsables d’agences bancaires minables:technocrates aigris- que de jouer avec nos angoisses des lendemains??. Ils jouissent de ce petit pouvoir illusoire. Car à par cela, à quoi rêvent-ils?
Certes, le rêve ne nourrit pas son Homme…. Quoique….
Anaïs, tes chats sont autour de moi , et me font du bien.
Douces pensées à toi et ta petite famille.
je n’avais pas vu ton edit ; je suis aussi independante, sans garantie de revenue, sans allocation chômage ni indemnité journaliere, ni ACRE, ni rien du tout.
alors quand on dit que la liberté a un prix ….
ceci dit, ayant eu une banque con comme ses pieds, j’ai tout simplement changé pour aller vers la banque postale. c’est de loin la moins chere et la plus comprehensive (bon apres, faut pas leur demander d’etre rapide ou de te trouver un conseiller disponible …) ms les frais sont ultra limités . tu as toujours la possibilité de renegocier un pret immobilier et de faire appel au micro credit si besoin est (qui ns est refusé à ns n’etant ni artisan, ni commerçant … ). apres, je connais rien de ta vie ms si tu as la possibilité de voir avec l’ass soc de la CAF, c’est toujours bien, c’est fou ce que cet organisme a comme argent en poche qu’il te prete voire te donne …..
Bravo pour votre franchise. Je ne lis pas souvent de tels posts et pourtant, je suis certaine que cette réalité n’est pas une exception… et on y gagnerait tous en parler.
Pour avoir vécu des périodes difficiles sur le plan financier (mais pas sur d’autres heureusement!) je sais ce que cela signifie… c’est un serpent qui peut envenimer bien des situations. En même temps, on apprend beaucoup à mieux s’organiser, à rationaliser et aujourd’hui, je n’ai rien oublié de ces périodes et de ces enseignements.
Pour les banques, on a toujours et on continue d’aller vers celle qui offre les meilleures conditions et on est très clair là dessus avec notre banquier – aujourd’hui il écoute, mais nous on n’a rien oublié. Un jour, tu pourras le leur rappeler…
As-tu regardé du coté des banques online? Je ne sais pas si cela existe en France mais on a trouvé ça très bien à un moment donné.
bon courage, le printemps va sûrement vous apporter plus de légèreté!
ah lala… si tu savais combien ça résonne Anaïs!! moi j’enrage et en même temps je suis satisfaite de me dire que je ne changerais pas mes choix pour autant… la précarité ça t’ouvre un truc dingo qui me bouleverse toujours autant: c’est l’entraide, la débrouille et cette sorte de créativité qui réchauffe tant!
bises à vous 5 de nous 4.
ET alors et si:
chaqu’une de nous donnerais 2 à 5 euro et trouve 2, 3 ,4.. autre personnes qui donne 2 à 5 euro pendant …quelques mois pour soutentir un petit peu
ca c’est un pas
ou pas?
quel compte?
Merci pour ce message, je laisse rarement de comemntaires par ici (c’est peut-être même le premier) mais en général on tait ces choses là, à tort. C’est courageux de dire les choses, c’est digne et ça inspire le respect, et oui rien que ça! et puis ça fait réfléchir…
Bonjour,
je n’ai jamais laissé de commentaire (je crois) et pourtant ton blog m’inspire beaucoup, je ne m’en lasse pas. Mes élèves ont par exemple créer de beaux oiseaux en bocaux grâce à toi ! Je suis une amie de Géraldine, je crois qu’elle t’a fait passer des photos de leurs travaux. Bref, je trouverais normal de te donner un coup de pouce pour tout ce que tu donnes à travers ton travail et ce blog. Comme sur le blog de Sandra Juto, on pourrait te payer un café (2euros) une pellicule photo à développer (15) un bouquet (5) enfin tu vois l’idée..
Je fus l’enfant d’un couple d’étudiants boursiers, qui n’avait pour logement que la chambre du crous, dans un temps où bien peu de jeunes étaient étudiants. C’était trop compliqué. J’ai donc passé mes premières semaines non pas avec mes parents mes chez mes grand-parents, dans une famille où le salaire était celui d’un gardien et où il y avait 7 enfants, j’étais un peu la 8°. Sans compter qu’il leur fallait aider ma maman partie à la ville étudier. Mes parents disent qu’on avait faim pendant les 3ères années, et bien je n’en ai pas le souvenir, on devait vivre dans l’amour. ;-)
Étudiante je ne pouvais pas être boursière et l’aventure familiale avait fait que je me débrouillais seule. Bah je comptais comme toi et je n’ai jamais trouvé les pommes aussi chères…..mais j’étais un peu insouciante et je savais qu’il y aurait « après ».
Mais aujourd’hui avec mon métier, je suis très vigilante face à cette précarité. Je rappelle souvent aux familles que je peux être là pour avoir le financement d’une machine à laver le linge, un financement exceptionnel pour un besoin lié aux enfants, etc. Parce que j’ai bien conscience que chaque mois j’ai un salaire fixe, que chaque matin je vais au travail (euh pas chaque matin mais bon, tu vois ce que je veux dire), etc. Aujourd’hui c’est la fin de la trêve. J’ai le cœur qui se pince, parce que je sais ce que cela veut dire. Mon jicé travaille avec des personnes fâchées avec la lecture et l’écriture, et malheureusement cette situation rime bien souvent avec la précarité… Pas facile. Tu as des petits projets d’atelier à venir ?
PS : j’adore le bonnet rouge !!!!
J’aime ton billet Anaïs. Non pas que je me réjouis de ta précarité, mais dans le monde des blogs, parfois frôlant l’indécence au niveau des dépenses financières, ton billet rappelle qu’il y a des gens qui nous ressemblent beaucoup au final.
Nous avons beaucoup galéré l’an passé (encore quelques restes cette année mais cela devrait s’améliorer), j’ai rencontré une assistante sociale exceptionnelle, qui s’est battue bec et ongles pour nous. Sauf que le combat était perdu d’avance, à cause des frais que la banque nous retirait chaque mois (on ne peut rien faire sans bases saines). Elle nous a parlé d’un prêt de la part du CCAS pour rembourser notre découvert, et repartir du bon pied. Prêt qu’elle ne gère pas. J’ai un petit garçon, dont j’ai quitté le père à 2 mois de grossesse, et père qui n’en a que le nom, deux ans qu’il n’est pas venu le voir, qu’il se contente de lui souhaiter un bon anniversaire sur FB, et trois bonnes années durant lesquelles je n’ai pas vu l’ombre d’un centime pour la pension (cela « m’arrange », j’espère que ça aura un poids lorsque Vincent (mon compagnon et le papa de Gabriel puisque que là depuis ma grossesse) et moi entamerons les démarches pour qu’il puisse adopter Gabriel. Et bien figure-toi que la condition qui aurait permis que le prêt nous soit accordé était que je fasse les démarches auprès du père biologique de mon fils pour obtenir une pension, et que je bousille l’équilibre de notre famille. D’après toi, qu’est-ce que j’ai fait? J’ai laissé tomber. La tranquillité des miens et l’équilibre émotionnel de Gabriel valent bien plus chers que ces mille malheureux euros (qu’on aurait dû rembourser au final), on s’est démerdé autrement. Je préfère manger des pâtes.
Courage, après la pluie, le beau temps. Fatalement :D
Quand notre fils aîné a eu un cancer, mon mari est resté à ses cotés. Et nous avons eu mon seul revenu et aucune aide par ailleurs. Je me rappelle que je ravalais mes larmes quand quelque chose cassait. C’est terrible mais gérable tant que ce ne sont que des mauvais moments qui se terminent. Je me rappelle des mains tendues. Je souhaite pour vous que la fin des vaches maigres arrive très vite.
Salut Anaïs, je viens de voir ton post, je voulais te dire que nous traversons également une période assez difficile et que je comprends ce que tu racontes. Il faut se battre et ne pas manquer d’ingéniosité, c’est un peu notre quotidien. Mais c’est un choix parfois difficile à assuler moralement, alors je me dit que j’ai tout ce dont j’ai besoin et que je profite de ma famille. Je ne me laisse pas envahir par la création de besoin et c’est parfois difficile, mon plaisir c’est mon jardin et les brocantes ou je trouve des trésors, le reste c’est de l’utile et dans le fond j’en deviendrais presque militante de cette conso résonnée : )
Je t’embrasse.
Chacha