5 03 2012

la politique


Cette année la politique s’est invitée à la table familiale.
Et le petit carnet questionne, fait débat, et se remplit.
Bravo les épiciers, c’est très réussi!

La politique, 10 euros, Éditions de l’épicerie de l’orage.
et le bloc-note spécial présidentielles 2012, 5 euros.

>> rien à voir, mais j’aime son regard sur la politique,
et aussi sur notre profession.
(et une spéciale dédicace pour Sand :–)

23 02 2012

vivre

On m’a offert ce très (très) beau livre à l’occasion de la naissance de petit A.

Un mois hier que le petit bonhomme est avec nous.
Ses joues, son insouciance, ses gestes, sa présence.
Vivre.
(pour les innocents morts aujourd’hui à Homs, et tous les autres hier,
depuis la nuit des temps, victimes de l’inhumanité)

>> Le site de Benoît Jacques

Benoît Jacques is a belgian-french illustrator, writer, publisher, for children and adults.
I received his beautiful last book
Vivre ; have a look at his website (english version).

16 05 2011

exotismes

Tiger cat started his traditionnal snakes hunting spring campaign, as we are actually living a very exciting travel in Sweden, with Nils Holgersson and a big map.

« […] Veillant, l’oncle est dévoré par l’inquiétude. Il se fait un sang d’encre pour la corporation des griots. Ceux-ci ont survécu jusqu’à la fin du siècle dernier. Puis ont disparu devant la concurrence des groupes calqués sur le mode occidental. Ils se sont effacés devant la musique de divertissement. Alors que l’environnement musical était rural, il est devenu urbain.
L’oncle s’inquiète. Plus personne le demande. On veut plus du musicien des rues. Il dit que lui, il fait de la musique dehors, pour le dehors, jamais pour le dedans. Il insiste, mécontent : il joue pas dans la case, ni le banko, encore moins dans les maisons en dur, les salles ou les établissements. Jamais il aurait pu faire de la musique de chambre. Ce qu’il joue vient de la brousse, de la respiration des champs. Qui peut dire d’où vient le son? De l’oiseau, de ton deuil? Avec l’électricité, tout devient couvrant, nappant, rempli. Une guitare électrique a du mal à se taire. Elle a pas de creux. Elle est contente de faire du bruit. Les sons du violon ou du mollo sont grêles. On les entend à la sortie du village, joués à la frontière des vivants. Ils se mêlent aux bivouacs, à la flamme de la lampe-tempête. C’est une musique entendue de l’autre rive. L’oncle dit que les sons sont partis en Amérique pour revenir compressés, durcis, en conserve. Lui fait pas de la musique à mettre au frigo. Il joue pas deux fois la même chose. La musique se nourrit de l’air. Elle est saisonnière, dépend du fleuve. Elle répond au visage du commanditaire qui dépose sa pièce sur la natte. Elle s’adresse à une personne à la fois. La musique d’aujourd’hui manque d’espace. Elle garde la forme des fils, canaux, boîtes, machines. Lui joue une musique qui fait tendre l’oreille, sortir de chez soi pour chercher la source. Il faut beaucoup de silence. Aujourd’hui, elle est enterrée. Il dit que son instrument parle patois. Le paysage fait un tour dans la calebasse, le rat palmiste dans le grenier. Quand il joue du violon, la plaine s’ouvre, le prochain village est loin. Avec une seule note, il rafraîchit la brise. Il rend la nuit plus noire. Il aime pas la couleur de la musique électrique. Il faut qu’il disparaisse, il sait plus faire bouger les jambes des fiancés. »

Le candidat, Frédéric Valabrègue, P.O.L. 2010

5 05 2011

le retour

Le charme des abords de la Méditerranée est incontestable,
avec Marseille au milieu, indéfinissable,
et un arrière-goût de poussière crasseuse pour cette fois.