16 05 2011

exotismes

Tiger cat started his traditionnal snakes hunting spring campaign, as we are actually living a very exciting travel in Sweden, with Nils Holgersson and a big map.

« […] Veillant, l’oncle est dévoré par l’inquiétude. Il se fait un sang d’encre pour la corporation des griots. Ceux-ci ont survécu jusqu’à la fin du siècle dernier. Puis ont disparu devant la concurrence des groupes calqués sur le mode occidental. Ils se sont effacés devant la musique de divertissement. Alors que l’environnement musical était rural, il est devenu urbain.
L’oncle s’inquiète. Plus personne le demande. On veut plus du musicien des rues. Il dit que lui, il fait de la musique dehors, pour le dehors, jamais pour le dedans. Il insiste, mécontent : il joue pas dans la case, ni le banko, encore moins dans les maisons en dur, les salles ou les établissements. Jamais il aurait pu faire de la musique de chambre. Ce qu’il joue vient de la brousse, de la respiration des champs. Qui peut dire d’où vient le son? De l’oiseau, de ton deuil? Avec l’électricité, tout devient couvrant, nappant, rempli. Une guitare électrique a du mal à se taire. Elle a pas de creux. Elle est contente de faire du bruit. Les sons du violon ou du mollo sont grêles. On les entend à la sortie du village, joués à la frontière des vivants. Ils se mêlent aux bivouacs, à la flamme de la lampe-tempête. C’est une musique entendue de l’autre rive. L’oncle dit que les sons sont partis en Amérique pour revenir compressés, durcis, en conserve. Lui fait pas de la musique à mettre au frigo. Il joue pas deux fois la même chose. La musique se nourrit de l’air. Elle est saisonnière, dépend du fleuve. Elle répond au visage du commanditaire qui dépose sa pièce sur la natte. Elle s’adresse à une personne à la fois. La musique d’aujourd’hui manque d’espace. Elle garde la forme des fils, canaux, boîtes, machines. Lui joue une musique qui fait tendre l’oreille, sortir de chez soi pour chercher la source. Il faut beaucoup de silence. Aujourd’hui, elle est enterrée. Il dit que son instrument parle patois. Le paysage fait un tour dans la calebasse, le rat palmiste dans le grenier. Quand il joue du violon, la plaine s’ouvre, le prochain village est loin. Avec une seule note, il rafraîchit la brise. Il rend la nuit plus noire. Il aime pas la couleur de la musique électrique. Il faut qu’il disparaisse, il sait plus faire bouger les jambes des fiancés. »

Le candidat, Frédéric Valabrègue, P.O.L. 2010

5 05 2011

le retour

Le charme des abords de la Méditerranée est incontestable,
avec Marseille au milieu, indéfinissable,
et un arrière-goût de poussière crasseuse pour cette fois.

15 03 2011

Hadashi no Gen

à lire de droite à gauche
<—

Gen d’Hiroshima, tome 10.

Keiji Nakazawa a survécu enfant à la bombe d’Hiroshima.
Il raconte en 10 volumes sa survie, son cheminement jusqu’à l’âge adulte.

C’est en découvrant cette œuvre que j’ai commencé à comprendre cet épisode sinistre de la seconde guerre mondiale, en particulier la situation du Japon dans ce conflit international ; rien à voir avec ce qu’on apprend dans nos livres d’histoire. Cette lecture, en plus d’être une claque, m’a aussi permis de prendre conscience de certains enjeux internationaux actuels, notamment à propos du nucléaire. De nombreuses médiathèques possèdent l’intégrale des volumes, renseignez-vous, je vous recommande vivement leur lecture.

Gen d’Hiroshima, de Keiji Nakazawa – Vertige Graphic

9 03 2011

vroum

des notes :


Cimetière de Simca (un clic sur l’image pour connaître le modèle)

Depuis la nuit des temps, les hommes fondent leurs relations sur la compréhension mutuelle. Même les plus misérables le savent : « On est tous faits de chair et de sang et toutes les chairs saignent sous le couteau « . Selon les bouddhistes, « tous les sangs sont rouges et toutes les larmes sont salées », et les chrétiens disent  :  » Ne fais pas à autrui ce que tu ne veux pas qu’on te fasse. »
Qu’ils soient d’Orient ou d’Occident, les hommes ont appris à vivre ensemble selon ces principes. Et vous? Vous qui êtes l’élite de notre peuple, vous qui êtes intelligents, courageux, vous qui êtes les piliers d’un parti politique invincible?

Duong Thu Huong, in Au zénith.